dimanche 20 janvier 2013

Génaf : des jeunes au service de la solidarité internationale pour et avec l'Afrique


Génaf est une association créée en 2003 qui se donne pour objectif de participer au développement de l'Afrique de l'Ouest. Good Morning Afrika (via Bénédicte, l'une des membres de l'association) vous propose une interview croisée de Sarah Monnier, l’actuelle présidente de Génaf, de Grégoire Mialet, son ancien président et de Lauren Kharouni, chef du projet 2013.

 Olympiade avec les enfants

Comment est née cette association ? Depuis quand l'association existe-t-elle ?
Grégoire Mialet :
L’association Génaf existe depuis 2003. Elle est née de la volonté de plusieurs jeunes en France de se structurer pour organiser des projets solidaires en collaboration avec des jeunes africains.
Le cœur de notre fonctionnement repose sur notre indépendance qui nous permet une totale liberté d’action : laïque, apolitique et totalement autonome, l’association se veut un trait d’union entre tous les milieux sociaux afin de proposer à tous les jeunes qui désirent s’investir un espace d’expression et d’engagement solidaire.

Comment l'association est-elle organisée ? Quels sont les rôles de chacun ?
 Grégoire Mialet :
La taille de notre association nous permet de mettre en place une organisation clairement définie tout en conférant une certaine flexibilité dans le déroulé de nos actions. Ainsi, comme beaucoup d’associations, nous sommes régis par des statuts et par un règlement intérieur et les principales décisions sont validées par un conseil d’administration de six personnes. Néanmoins, nous tenons à investir chaque bénévole dans un rôle (événementiel, gestion des dons, organisation des activités pédagogiques, organisation d’un tournoi de sport, etc.) afin de le rendre acteur du projet et sommes sensibles au travail collaboratif et participatif plutôt qu’un fonctionnement hiérarchique pyramidal.
Il est important pour nous que chaque bénévole perçoive la touche personnelle qu’il peut apporter dans nos projets. Le rôle de l’association est de l’accompagner dans ses idées et ses prises d’initiatives.

Sarah Monnier :
Oui, par exemple, pour le choix du futur projet, nous avons beaucoup discuté des propositions qui nous avaient été faites entre bénévoles, puis, à partir des informations à notre disposition, nous avons pu, entre membres du conseil d’administration, faire le choix du meilleur projet à adopter. Nous tenons à ce que chaque bénévole puisse agir à sa manière, comme il le souhaite et surtout à hauteur de ses envies et de ses possibilités.


 Communauté rurale de N'Gogom

Qui sont vos bénévoles ? Pourquoi s'engagent-ils ?
 Sarah Monnier :
Les bénévoles de Génaf sont plutôt jeunes : nous avons entre 18 et 32 ans. Nous sommes étudiants, salariés, chômeurs, chefs d'entreprise, dans tous les secteurs. Certains s'engagent pour découvrir une autre façon de voyager et de découvrir les cultures africaines, d'autres pour participer à un projet qui leur semble juste et qui leur permet de mener une action solidaire. Quelques-uns encore y trouvent un excellent tremplin vers une professionnalisation dans le domaine de la solidarité internationale. 

Grégoire Mialet :
Cette diversité des parcours, des formations et des personnalités de nos bénévoles constitue la richesse de notre association et cimente les actions que nous organisons.

Comment arrivez-vous à mesurer l'impact de vos projets ?
   Grégoire Mialet :
Le suivi de nos projets est un point auquel nous accordons une attention très particulière. L’efficacité même de notre action dépend de notre capacité à faire en sorte que la population locale s’approprie les structures que nous avons mises en place et les systèmes organisationnels que nous avons proposés. Aussi, nous cherchons toujours à valider l’utilisation de ces structures plusieurs mois, voire plusieurs années après notre venue. Cela se matérialise par de nouveaux séjours sur place (en plus petit comité) et/ou par un suivi régulier avec nos partenaires.
Nous cherchons notamment à mesurer le plus précisément possible le nombre d’enfants touchés par les structures éducatives mises en place : salles de classes, espace numérisé, bibliothèque… Nous vérifions que les populations bénéficiaires correspondent aux populations que nous ciblons et notamment, que la parité garçon/fille est respectée. Ensuite, nous essayons de tracer le volume d’accès (nombre de livres prêtés, nombre de connexions) grâce au travail précieux de nos partenaires. Si ces processus peuvent se révéler complexes et coûteux en énergie, ils sont notre garantie d’une action efficace, cohérente et concertée.

 Le chantier

Quel est le prochain projet que vous allez mener ?

Lauren Kharouni :
Pour son cinquième projet, Génaf interviendra, à l’été 2013, dans le centre-est du Burkina Faso, dans la région de Koupéla. Le projet consiste à participer au développement d’un collège-lycée agricole situé en région rurale dans le village de Lioulgou en partenariat avec une association locale, à l’initiative du projet.
Sur place, les matinées des bénévoles seront consacrées à la construction d’un laboratoire, en partenariat avec un entrepreneur burkinabé. Les salles de classe étant déjà construites, et les terrains disponibles pour les cultures, la salle de laboratoire est indispensable à l’enseignement technique que souhaite prodiguer l’établissement. Semblable à une salle de chimie, cet espace permettra aux élèves de mener à bien des expériences, d’entreprendre des expérimentations sur les cultures et de comprendre, de manière pratique et concrète, l’ensemble du cycle productif agricole. Les après-midi seront, elles, dédiées aux activités culturelles organisées avec les enfants, en coopération avec une association de jeunes et des institutrices du village.

Good Morning Afrika traite des questions géopolitiques et stratégiques liées aux continent africain. Dans quelle mesure le travail mené par Génaf peut-il être rattaché à ces problématiques ?
Grégoire Mialet :
Depuis sa création, Génaf cherche à montrer avec humilité que les actions locales des petites associations ont autant d’importance que les programmes internationaux gérés par les gouvernements ou les grandes ONG : par leur connaissance du terrain, par leurs contacts proches de la population, par leur implication vertueuse, par leur diversité et leur multiplicité, ces associations mettent en place des projets simples mais adaptés dans des zones souvent non concernées par les programmes nationaux ou internationaux.
La complémentarité des acteurs qui travaillent pour le développement est un atout considérable qu’il nous faut savoir utiliser. Cela passe évidemment par un meilleur dialogue ainsi que par une volonté commune de toujours chercher à comprendre les besoins et les intérêts locaux.
Enfin, notre action doit être durable et, à ce titre, les acteurs qui interviennent dans ces pays (gouvernements, entreprises, exploitants, ONG, associations) doivent oser mettre en place des solutions innovantes, respectueuses de l’environnement, des droits humains et des traditions. C’est ce que Génaf, à son échelle, s’attachera à faire dans les projets à venir.

Lauren Kharouni :
Le travail de Génaf concerne la coopération. Ainsi, nos projets se doivent d’être en parfaite adéquation avec les besoins, contraintes et potentialités du territoire sur lequel nous intervenons. Cette adéquation est recherchée tant au niveau local des villages où sont menés les projets qu’à une échelle plus grande par l’intégration dans les axes de politique nationale pour s’assurer de la pérennité et l’efficacité du projet. La dimension géopolitique et stratégique de notre travail repose sur le choix de prioriser l’éducation et la formation, puisque lorsque celles-ci font défaut, cela a un impact sur le développement social et économique, les flux migratoires et les conflits.
La dimension géopolitique et stratégique du projet Burkina 2013 réside d’une part dans sa volonté d’une revalorisation de la ruralité et du travail agricole. D’autre part, il s’inscrit dans une stratégie de lutte contre l’insécurité et la dépendance alimentaires. En effet, le secteur primaire est au cœur de l'économie burkinabé. Or, la production de de produits destinés à l’exportation est privilégiée au détriment des cultures vivrières. De plus, les rendements agricoles sont très faibles, notamment du fait de techniques agraires nuisant à la fertilité des sols. Le manque de formation en est l’une des causes, et c’est par ce biais que Génaf a choisi d’agir. La question alimentaire soulève non seulement la question des ressources - produire plus et mieux - mais également des questions sociales - réduction des inégalités - et politiques - éviter les conflits. L'agriculture est ainsi un moteur de développement indéniable et est, de fait, au cœur des enjeux géopolitiques actuels.

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