mardi 14 avril 2020

Les dernières nouvelles du continent (12)


COVID-19
Voici une excellente cartographie des facteurs de risque sur le continent africain. Les critères d’analyse retenus sont : “international exposure, size of urban population, capacity for testing (…) health systems, densities of urban populations, conflict, size of displaced populations, trust in government, and openness of communications channels”. Les Etats les plus vulnérables ne sont pas ceux qu’on pourrait croire. 

Quelles réponses face à la crise sanitaire sur le continent africain ? Ce blog propose envisage trois options : “(1) anticipate the country-specific demographic pattern of the national epidemic; (2) examine the conditions required for the standard “lockdown” policy to succeed; and (3) make a consultative political assessment of the epidemic response and its impacts on the economy, society and governance”.
Pourquoi le pire serait à venir sur le continent africain ? s’interroge Fred Eboko, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste des politiques publiques de santé en Afrique. « Cela revient à considérer, comme un certain nombre d'acteurs, que l'Afrique subsaharienne n'a absolument rien retenu de l'épidémie d'Ebola, ce qui n'est pas vrai. Parce qu'il y a quand même eu entre-temps une mémoire administrative, sanitaire, politique et épidémiologique assez forte ». Il rappelle également, à la suite de la controverse sur les essais cliniques sur le continent, que l’Afrique n’est pas une terre d’expériences cliniques : « Selon une étude publiée en 2018 par le réseau Les Entreprises du médicament (LEEM) et basée sur les données officielles du gouvernement américain, sur les essais cliniques initiés en 2017, le pourcentage de participation par régions/continents du monde est sans ambiguïté. Amérique du Nord : 57 % ; Europe : 38 % ; Asie : 27 % ; Océanie : 11 % ; Amérique latine : 8 % ; Afrique et Moyen-Orient : 7 %. L’Afrique subsaharienne est la partie du monde la moins sollicitée pour les essais cliniques ».

La crise sanitaire que nous traversons est un terreau idéal pour la multiplication et la diffusion des thèses complotistes en particulier sur le continent africain. L’anthropologue camerounais Parfait Akana analyse comment le COVID-19 s’en prend aux conventions sociales profondément ancrées. Il a créé la plate-forme des chercheurs en sciences sociales contre le coronavirus (Social Scientists Initiative Against Covid-19 in Cameroon) pour analyser les expériences locales et démêler le vrai du faux.
Quel sera l’impact du COVID-19 sur les économies et les sociétés du continent ?
RFI propose plusieurs reportages sur la façon de vivre le confinement partout dans le monde. ICI à Djibouti.
Paul Poast propose de passionnants threads sur Twitter. Ici sur le manque de réponse globale à la crise qui s’expliquerait par la différence de système politique entre les deux grandes puissances : Chine et Etats-Unis.
Corne de l'Afrique
L’état d’urgence déclaré en Ethiopie du fait de la crise sanitaire manquerait de clarté. Quelles sont les responsabilités respectives du gouvernement fédéral te des gouvernements régionaux ?  Selon cet article, l’Ethiopie devrait tirer des leçons des Etats comme l’Iran et la Corée du Sud pour vaincre au mieux la pandémie.
Cet article revient sur les enjeux autour des élections somaliennes qui se tiendront en fin d’année ou début 2021. Le CTC Westpoint a preparé un rapport sur le groupe Al Shabaab en Somalie :
« A key aspect of al-Shabaab’s media insurgency is its PSYOPS (psychological operations) messaging, targeting both rank-and-file enemy soldiers as well as the domestic electorates in enemy countries, including the United States, Kenya, Uganda, and Burundi. In its PSYOPS and other propaganda messaging, al-Shabaab takes advantage of the lack of transparency in certain instances from its opponents, including some governments, and the demand by the international news media for details from on the ground, with the group framing itself as a reliable source of on-the-ground information. The militant group actively seeks to extend the penetration of its media messaging by attracting attention from international news media, though this practice has proved to be of mixed value”. Le New York Times revient également sur la résilience et l’extension du champ d’action du groupe.
La diplomatie de haut niveau déployée pour résoudre le différend frontalier maritime entre la Somalie et le Kenya a été stoppée par la pandémie. En conséquence, des accrochages pourraient avoir lieu entre les deux pays.
Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, le Président Ougandais explique à ses citoyens comment faire du sport pendant le confinement.
Avant le confinement j’ai eu le Plaisir de recevoir et d’échanger avec Anne-laure Mahé dans l’émission Good Morning Afrika. Nous avons échangé sur la situation politique du Soudan. Nous avons aussi parlé de méthodologie de la recherche et du rôle des artistes dans la crise qui a traversé le Soudan l’année dernière. Au Soudan, justement, les taux d’inflation élevés ont fait doubler le prix du pain. 
Roland Marchal a été libéré ! Voici son témoignage. 

Afrique centrale
L’IFRI propose une note les groupes armés en Centrafrique, son but est de « comprendre le déploiement prolifique des groupes armés sur le territoire centrafricain. Cette prolifération s’explique par l’économie politique du conflit et un espace d’action ou écosystème qui est largement ouvert au lieu d’être réduit ou fermé ».
Belt and Road Initiative
Passionnant article publié dans The Africa Report sur les investissements régionaux dans les infrastructures ferroviaires en Afrique de l’Est.  A lire également : ce rapport sur les “overseas strategic strongpoints”  de la Chine. Ce terme flou désigne les ports étrangers ayant une valeur stratégique et économique particulière et qui accueillent des terminaux et des zones commerciales opérés par des entreprises chinoises. Ce premier rapport concerne Djibouti. Quel sera l’impact de cette crise sanitaire mondiale sur le projet Belt and Road Initiative ? Voici plusieurs scenarios envisageables.
 


Appels
Appel à contribution pour un ouvrage collectif consacré aux "théories du complot" en contextes africains dirigé par Nanourougo Coulibaly, Dorgelès Houessou et Ibrahim Maidakouale. Cet ouvrage ambitionne de combler un angle mort des recherches en sciences sociales sur le conspirationnisme. -Les propositions de contribution sont à envoyer avant le 25 juin 2020 aux adresses suivantes :
coulyna@yahoo.fr; dorgeleshouessou@yahoo.fr; imaidakouale@yahoo.fr

Appel à communication : Journée d’étude internationale de la Chaire UNESCO « Défis partagés du développement : savoir, comprendre, agir »

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