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dimanche 29 septembre 2019

Dernières nouvelles du continent (6)


Corne de l’Afrique
Hâte d’écouter le nouveau podcast de l’International Crisis Group consacré à la Corne de l’Afrique simplement intitulé « The Horn ». Décidément les transformations contemporaines dans la Corne de l’Afrique font des émules. L’Université de Washington créée une initiative pour combler le manque de recherche sur le sujet. A quand la même chose en France ?

Pour vous aider à préparer vos syllabus de cours, la revue International Affairs propose une bibliographie. Je suis très fière de retrouver mon article sur l’Ethiopie dans la sélection Afrique aux côtés de Denis Tull sur l’armée malienne.
Tefera Negash Gebregziabher publie dans African Affairs un article sur l’histoire de l’idéologie portée au sein du parti éthiopien TPLF : « It argues that the circumstances surrounding the ‘shifts’ in ideologies by the TPLF show that ideologies were used to consolidate power within the party and later impose domination at the state level. A thorough investigation of the ideological history of the TPLF is crucial as Ethiopia seems to be standing at a critical ideological crossroad.” Le Journal Democratization consacre également un article à l’Ethiopie et plus particulièrement à son modèle de Dévelopmental State. Ce modèle adopté par l’Ethiopie ou le Rwanda semble être privilégié par les donateurs internationaux bien qu’il s’accompagne de régimes autoritaires peu regardant sur les droits de l’Homme. Cet article interroge ce paradoxe. Il faut également lire cette analyse sur les contestations politiques contemporaines en Ethiopie.
Harry Verhoeven publie dans Civil Wars un article sur ‘interventionnisme des pays du Golfe dans la Corne. Selon lui : «  this interventionist thrust is historically rooted and deeply structural: the politics of state survival that dominate both the Gulf and the Horn are leading aspiring regional hegemons with a self-proclaimed responsibility to provide order to securitise their near abroad. Originating from the self-identity of regional powers and efforts to protect their respective domestic political settlements, this is producing a profoundly destabilising pattern of regional polarization”.
Les Cahiers d’Etudes africaines publient un nouveau numéro. J’ai hâte d’y lire cet article : « From Grievance to Greed in Somalia. The Formation, Failure and Fall of the United Somali Congress (1989-1991)”. Sur Twitter Paul D. Williams spécialise de la Somalie s’interroge sur la nécessité pour l’AMISOM de négocier avec Al Shabaab.
Le Point Afrique consacre une série de billets sur les féministes au Kenya avec notamment une interview de la politiste Marie-Emmanuelle Pomerolle qui publie, avec Nanjala Nyabola, “Where Women Are, Gender and the 2017 Kenyan Elections”. Elle explique : « Au Kenya, comme dans beaucoup d'autres endroits, l'analyse des élections, et du politique en général, met en avant les dynamiques de partis, les tensions ethniques, parfois les disparités économiques, mais les rapports de genre sont invisibles. Pourtant, regarder les élections avec ces lunettes permet d'enrichir l'analyse du politique. »
Afrique de l’Ouest
Le bulletin franco Paix de septembre porte sur l’armée guinéenne et s’interroge sur ce qu’est « une institution d’État, qui échappe à cet État à certains moments, s’y confond à d’autres et qui repose sur des modes de gouvernement ambigus et complexes ».
La France est-elle intervenue dans le Nord du Mali pour le pétrole ? C’est la question que pose Marc Antoine Pérouse de Montclos et Thierry Hommel dans un article de The Conversation Ils démontrent qu’ « Il n’y a pas de corrélation entre les zones d’intervention de l’armée française et la ventilation géographique des intérêts économiques de l’ancienne puissance coloniale sur le continent» e tplus loin d’ajouter : « Depuis 2013, les opérations Serval puis Barkhane n’ont guère été rentables au vu de leur coût, qui a augmenté dans la durée, et de leur incapacité à rétablir les parts de marché de la France, en perte de vitesse dans ses secteurs phares : machines, appareils électriques et électroniques, produits pharmaceutiques, aéronautique, automobile ». En 2015, nous faisions le même type de constat dans un article sur la politique de la France au Sahel : « la France reste en général l’un des principaux fournisseurs des cinq Etats. Inversement, ces derniers ne sont pas les principaux partenaires de la France en termes d’échanges économiques. Ainsi, la balance commerciale avec les Etats du Sahel est fortement excédentaire en faveur de la France ». Cette réflexion générale sur le rôle des ressources dans le déclenchement des guerres nous rappelle celle de Romain Mielcarek en 2016: « La seule guerre dont on est convaincus qu’elle a été déclarée pour le pétrole, est celle du Chaco, opposant la Bolivie et le Paraguay entre 1932 et 1935. 110 000 morts plus tard (un quart des combattants), on réalisera que la vaste plaine convoitée par les deux voisins… ne dispose finalement d’aucunes réserves. Dans les autres conflits, le pétrole n’est pas le motif de la guerre. En tout cas pas le seul. »
A noter : L’Institut français de recherche en Sciences Humaines au Nigéria (IFRA Ibadan) recherche son nouveau directeur !
Afrique centrale
Lignes de défense a consacré une émission à la Russie en RCA. Ces derniers mois les oligarques russes ont massivement investit en Centrafrique mais on voit également des contractors russes. La Russie déploie aussi son soft power dans les secteurs médicaux et agricoles.
Les travaux sur le Burundi se font rares. Quel plaisir, donc, de lire cet article de Jean Pierre Chrétien ! Le chercheur spécialiste des Grands Lacs voit dans une manifestation le 25 août dans les rues de Bujumbura pour dénoncer le Rwanda, qui aurait « volé et utilisé les tambours burundais en violation des lois burundaises et même internationales” (…) une nouvelle tentative du régime de Pierre Nkurunziza pour mobiliser contre le voisin rwandais des passions nationalistes (voire « ethniques »), susceptibles d’être utiles lors du futur scrutin présidentiel de 2020. »
Dans le cadre de la troisième phase - « l’insécurité en ville » - du Projet Usalama (dont l’objectif est d’étudier la dynamique du conflit et de la violence et les effets de ces deux phénomènes sur la société congolaise) Judith Verweijen publie un rapport sur la violence urbain dans l'est du Congo.
Arts et littérature
Jetez un coup d’œil sur Twitter à ce Thread sur les 50 meilleurs livres africains écrits en anglais.
La prochaine journée d'étude de l'Association pour l'étude des littératures africaines se tiendra le 25 septembre 2020 à l'université Paris-Nanterre et sera consacrée aux représentations artistiques et littéraires de la relation sino-africaine. Les propositions de communication (300 mots maximum) accompagnées d’une brève bio-bibliographie sont à adresser avant le 1er mars 2020 aux trois adresses suivantes : ninon.chavoz@gmail.com ; pierr.leroux@gmail.comet fparavy@yahoo.fr
Conférences et appels à communications 
Appel à contributions REAF 2020 : le Groupement d’Intérêt Scientifique «Études Africaines en France » tiendra ses sixièmes rencontres les mardi 7, mercredi 8, jeudi 9 et vendredi 10 juillet 2020 à Marseille. Les chercheur.e.s sont invité.e.s à déposer sur le site : https://reaf2020.sciencesconf.org  un document présentant une proposition d’atelier au plus tard le 6 janvier 2020.
Le séminaire  sur les approches postcoloniales (SAP) reprend avec une première séance le 1er octobre autour  Stéphane Dufoix, professeur des universités en sociologie à l'Université Paris Nanterre.
Encore quelques heures pour s’inscrire au Séminaire ’Conflits armés et patrimoine en Afrique’ qui se tiendra le 10 octobre à Paris.
In Mémorandum
Le 27 septembre RFIrecevait Jean Merckaert, rédacteur en chef de la revue Projets. Les hommages sont unanimes ces derniers jours respectant l’adage latin « de mortuis nihil nisi bonum » (des morts, on ne dit que du bien »). Pourtant Jacques Chirac c’est aussi des « amitiés » peu recommandable qui se traduisaient par un retour d’ascenseur comme les financements d’Omar Bongo. Une politique de réseaux incarnée par des proches comme Foccart ou Pasqua.
Pour recevoir cette lettre directement par mail rendez vous sur la colonne de droite : "Suivez l'actualité du blog par mail".

jeudi 11 juin 2015

Séminaire : Les violences extrêmes

L'Institut Universitaire Varenne organise demain, en partenariat avec l'IHEJ et l'AFJT, un séminaire consacré aux violences commises par Boko Aram et Daech, ainsi qu'en Centrafique et au Mexique. J'aurais l'honneur d'y participer aux côtés de spécialistes de plusieurs disciplines afin de les présenter et analyser dans une perspective pluridisciplinaire, ainsi qu'à engager - dans une démarche prospective - la réflexion quant aux solutions stratégiques et juridiques permettant d'y faire face. Vous trouverez ci-dessous le programme. 
Programme:
9h00 - 9h10 - Mot de bienvenue
Daniel POUZADOUX, Président de la Fondation Varenne
9h10 - 9h40 - Allocution d’ouverture
Jean-Pierre MASSIAS, IUV
9h40 - 12h40 - Table ronde 1 : ANALYSER
Modérateur : Antoine GARAPON, IHEJ
- Marc-Antoine PÉROUSE DE MONTCLOS, IRD
- Nicolas HENIN, Journaliste
- Enoch TOMPTE-TOM, Université de Bangui
- Jean RIVELOIS, IRD
13h45 - 16h15 - Table ronde 2 : COMPRENDRE
Modérateur : Emmanuel LAURENTIN, France Culture
- Marcel HENAFF, Université de Californie (San Diego)
- Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, EHESS
- Danièle COHN, Université Paris 1
- Olivier MONGIN, Revue Esprit
- Bassma KODMANI, Arab Reform Initiative
- Georges MALBRUNOT, Journaliste au Figaro
16h30 - 18h - Table ronde 3 : FAIRE FACE
Modérateur : Jean-Pierre MASSIAS, IUV
- Michel TERESTCHENKO, IEP Aix-en-Provence
- Xavier PHILIPPE, Université Aix-Marseille
- Sonia LE GOURIELLEC, IRSEM
18h - 18h30 - Synthèse
Antoine GARAPON, IHEJ

Infos pratiques
En raison d’un nombre limité de places, les organisateurs
vous prient de bien vouloir vous inscrire pour assister au séminaire.
Pour tout renseignement et inscription
magalie.besseATneuf.fr
tél : 06 87 13 33 00
Lieu du séminaire
Fondation Varenne – 79 avenue Raymond Poincaré – Paris 16èmeMétro Victor Hugo (ligne 2) ou Métro Trocadéro ou Boissière (ligne 6)

vendredi 22 mai 2015

L’armée dans tous ses états. Armées, États, économies et sociétés en Afrique

La revue Afrique contemporaine publie un appel à communication sur les armées en Afrique. Vous trouverez ci-dessous l'annonce :
"L’objet de ce dossier est d’analyser les liens entre armées, États, économies et sociétés en Afrique aujourd’hui. Sur ces différents points, les armées jouent fréquemment un rôle de premier plan dans le parcours historique des pays africains depuis leur indépendance et dans la construction des États. La question alors posée est de savoir pourquoi et comment elles ont acquis une place aussi déterminante. Tel est l’objectif de ce dossier de la revue Afrique contemporaine.
Instruments du pouvoir, centre de/du pouvoir, mais aussi et souvent acteurs économiques et sociaux, les armées en Afrique sont des objets d’analyse incontournables pour comprendre la réalité africaine contemporaine. Il importe évidemment de prendre en compte la très grande hétérogénéité des armées selon les pays.
Dans de nombreux pays, la centralité de l’armée est incontestablement un legs de la période coloniale, elle-même fortement différenciée selon les « modèles » de colonisation, en ce qui concerne la continuité des acteurs, des structures administratives et institutionnelles, des registres d’action, des méthodes de gestion, mais, plus d’un demi-siècle après les indépendances, leur rôle et leur place dans les États, les sociétés et les économies ont évolué. 
 
 

Les armées en Afrique au cœur du politique

Dans le champ du politique et dans bien des pays africains, les forces armées sont souvent présentes sur le devant de la scène : soit pour s’emparer du pouvoir par les armes, et ce aux dépens des urnes (coups d’État, régimes militaires) ; soit pour apporter une réponse à des blocages politiques (Guinée, Mauritanie, Niger, Guinée Bissau) ou à des crises post-électorales ; soit pour jouer un rôle dans la neutralisation des affrontements entre des mouvements populaires et citoyens et les pouvoirs autoritaires en place (cas de la Tunisie ou de l’Égypte lors des « printemps arabes »). Et ce sans compter des régimes militaires ou des régimes politiques dominés, officiellement ou non, par des militaires, d’anciens militaires, des gardes présidentielles.
Il importe donc de contextualiser les différentes places des armées dans les pays africains. Certaines sont « faillies », « fragiles » ou « fragilisées », alors que d’autres dominent les champs social, politique et économique. En outre, elles sont de plus en plus concurrencées dans leurs fonctions régaliennes de détention du monopole de l’usage de la violence par des groupes armés de tous types (milices et groupes d’auto-défense villageoise, mouvements djihadistes, gangs, etc).
Dans les situations post-conflit, la réintégration des « rebelles » dans les forces armées et la construction d’une armée nationale (cas de la Côte d’Ivoire, du Mali) sont des enjeux centraux pour la construction de la stabilité des pays concernés. De plus, les armées nationales ont souvent des moyens limités, si bien que des forces étrangères, africaines ou non, régionales ou multilatérales, sont engagées pour pallier ces défaillances. Les conflits armés ont aujourd’hui changé de nature. Les guerres entre États, opposant des armées nationales, sont très rares et les affrontements armés relèvent actuellement d’enchevêtrement d’acteurs, si bien que les armées tendent à n’être que l’un d’entre eux.

Les armées : nouveaux acteurs économiques?

Beaucoup moins appréhendés par les sciences humaines et sociales, le rôle économique des armées ainsi que leur place souvent importante dans les économies de certains pays, en Afrique mais pas seulement, mérite de faire l’objet d’études scientifiques. Sur le continent africain en effet, les armées sont impliquées dans l’économie de rente ou de prédation, voire dans des activités illégales ou criminelles (la Guinée Bissau et le trafic de la cocaïne originaire d’Amérique Andine, etc.). De telles trajectoires résultent, dans certains cas, du fait que les forces armées sont soumises à de fortes contraintes budgétaires qui impactent notamment le paiement des salaires (RDC, RCA, etc.).
Mais, toujours dans le champ de l’économie, les armées sont aussi un régulateur d’activité et donc indirectement de l’emploi par le biais des entreprises qu’elles contrôlent. Cette implication dans l’économie peut aller jusqu’à la création de complexes militaro-industriels (il en est ainsi des oligarchies pétrolières en Angola ou en Algérie).

Les armées : catalyseur social?

Les armées jouent enfin un rôle social non négligeable comme lieu de formation, de socialisation et d’intégration des jeunes, de brassage de populations d’origines diverses, d’accès des femmes à des postes de responsabilité, voire de constitution d’une citoyenneté. Plusieurs pays ont par ailleurs institué des services civiques ou militaires à des fins de développement (Madagascar, etc.). Il en est plus ou moins de même par leur implication dans des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration des combattants en fin de conflit, comme au Liberia, en Sierra Leone, en RDC ou en Côte d’Ivoire.
Souvent, seules institutions publiques structurées dans les pays au lendemain des indépendances, les armées ont développé des services publics. Elles ont souvent leurs propres dispositifs de protection sociale, conduisent des politiques familiales, gèrent des complexes hospitaliers (Égypte), font de la recherche. Plus largement, l’armée participe à la construction de représentations autour de la masculinité, de l’organisation familiale, de la division du travail et de la répartition des rôles sociaux, mais donne chair au monopole légitime de la violence (cf. les missions régaliennes de l’Etat selon Max Weber) versus la constitution de groupes d’autodéfense et la liberté (de jure ou de facto) de port d’armes.

Argumentaire

Diverses disciplines relevant des sciences humaines ont abordé, chacune avec leur approche et leur méthodologie, la question des armées en Afrique. Mais, elles l’ont généralement fait par le biais de chemins de traverse¬. Les relations internationales et la science politique, tout comme les War & Peace Studies anglo-saxonnes, privilégient traditionnellement dans l’étude des affaires militaires une approche que l’on pourrait qualifier de schizophrène. Dans le même ordre d’idée, le caractère belliqueux et violent des armées ou leur rôle dans les renversements de régimes politiques et les coups d’État sont mis en exergue. Inversement, telles un Janus bifrons, les armées peuvent être des acteurs clés de stabilisation, voire de « pacification » pour reprendre une nomenclature coloniale, du fait de leur implication dans les processus de construction de la paix (programmes de DDR mentionnés ci-dessus). Cette schizophrénie abolit la distinction entre temps de guerre et temps de paix et révèle de nouveau que les armées sont des acteurs incontournables de l’évolution politique des Etats.
L’abondante littérature sur les Réformes du Secteur de la Sécurité (RSS) et de la Défense ne s’est pas ou peu penchée sur ce qu’était véritablement l’armée dans les pays africains. Elle s’est davantage focalisée sur les échecs et les succès de cet outil, sous l’angle des composantes sécuritaires de l’aide au développement, sur les dysfonctionnements des forces armées et les moyens à mettre en œuvre pour les réformer. Ces RSS ont légitimé ainsi la communauté internationale pour intervenir dans un domaine qui relève de la souveraineté des États, ce qui, d’une certaine façon, renvoie aux programmes d’ajustement structurel, fort intrusifs, des années 1980 – 1990. Les approches « Sécurité et Développement » sont quant à elles devenues dans les années 1990 – 2000, tout comme la RSS, le parangon dans les pays du Sud d’une problématisation qui fait un large appel à la thématique de l’insécurité, et ce tant par la communauté internationale que par les agences de développement, qu’elles soient bi ou multilatérales. 
Sans nier l’apport de ces approches à la compréhension du fait militaire en Afrique et à la connaissance des armées, le grand absent est, paradoxalement, l’armée en tant que telle et ceux qui la composent, donc les militaires. 
Dans une optique pluridisciplinaire, à un carrefour entre sciences politiques, économie politique, sociologie, histoire sociale et anthropologie, ce dossier a pour ambition de repenser les armées en Afrique, leurs élites militaires tout comme les hommes de troupe. 
Ce numéro de la revue Afrique contemporaine sera donc centré sur le rôle social, politique et économique des armées en Afrique. Il visera à inscrire dans leurs parcours historiques et leurs contextes la place, dans différents domaines, des forces armées des pays africains et à analyser leur rôle spécifique dans l’histoire et les évolutions de ces pays . Il abordera également la différenciation au sein des armées et les possibles rivalités internes qui en découleraient : entre régiments, armes et corps, entre garde présidentielle et armée de terre, entre troupes d’élite (comme les régiments de parachutistes et l’infanterie). Et ce sans oublier la forte spécificité de la gendarmerie en Afrique. Il visera également à comprendre la place qu’occupent les forces armées nationales à côté des armées régionales ou multilatérales et des forces armées privées (mercenariats, sociétés privées de sécurité et de défense, milices, services de renseignement, etc.).
 Il accordera une attention particulière aux études de terrain (enquêtes, observations participantes, entretiens), mais également aux analyses comparatives et aux archives. Le travail quotidien, les relations de ces acteurs avec leur institution ou d’autres organismes de l’État, ainsi qu’avec les pouvoirs politiques et économiques, seront traités par les articles de ce dossier. Les trajectoires socioprofessionnelles pourront être mises en perspective afin de répondre aux questions : Que fait l’armée ? Qui sont ces hommes et ces femmes qui la composent ? Pourquoi ont-ils choisi d’embrasser les carrières militaires ou policières ? En quoi ont-ils le monopole de la violence légitime ? Comment se situent les gardes prétoriennes ou systèmes de sécurité présidentielle, proches des pouvoirs politiques, par rapport aux armées ? De quelle logistique disposent les forces armées en Afrique ? Quelle sont les sources de financements, les rémunérations et les équipements ? Comment les autorités nationales exercent-elles des arbitrages entre des dépenses militaires assurant la sécurité et les autres dépenses du budget de l’Etat, notamment sociales ?
L’objectif final étant de replacer ces réflexions dans le temps long de ce qu’est aujourd’hui l’armée en Afrique, mais également, par rapport aux ruptures liées à la nature des nouveaux conflits qui dominent en Afrique depuis la fin de la guerre froide (guerres asymétriques, emboîtements d’échelles, diversité des acteurs, etc.).
L’approche comparative s’attachera, ainsi de manière complémentaire, à décrypter les évolutions des armées, de leur organisation et de leur positionnement à la lumière des transformations de la conflictualité et l’émergence exponentielle de nouveaux acteurs, privés et publics, de la sécurité, qu’ils soient nationaux, régionaux ou internationaux et des rapports de pouvoir qui en découlent.
Il importera également d’expliquer pourquoi les armées ne sont plus exclusivement, ni souvent prioritairement, des institutions purement militaires et pourquoi elles investissent les champs social, politique et économique plus que ceux du sécuritaire et de la défense.

Conditions de soumission

Faire acte de candidature en envoyant une courte note d’une page (problématique du texte, exposé du déroulé de l’argumentaire, exposé des données, des sources et terrains mobilisés). 
Les articles devront avoir un format de 35 000 signes espaces compris (notes de bas de page et bibliographie comprises) dans leur version destinée à la publication, ainsi qu’un court résumé de 800 signes (espaces compris), des mots clés et la biographie de l’auteur (150 signes). Les auteurs pourront intégrer à leur article des iconographies (cartes, graphiques, photos, dessins, etc.)
Ils suivront la procédure d’évaluation scientifique auprès de deux référés anonymes et du comité de lecture d’Afrique contemporaine. La soumission des appels à propositions et des articles se fait sur la plateforme Editorial Manager à l’adresse suivante : http://www.editorialmanager.com/afriquecontemporaine/
Vous pouvez nous contacter pour toutes précisions aux adresses suivantes : ncnicolascourtin@gmail.com et fortuiti@afd.fr

Calendrier

Envoi de la proposition d’article : le 1er juillet 2015.
Réponse de la rédaction d’Afrique contemporaine aux auteurs : le 10 juillet 2015 au plus tard.
Envoi d’une première version des articles présélectionnés : le 1er septembre 2015.
Publication du numéro : mars 2016.

BIBLIOGRAPHIE 

Ouvrages:

  • Augé A., Kloursen, P. (dir.), Réformer les armées africaines. En quête d’une nouvelle stratégie, Paris, Karthala, 2010. Bangoura, D., Les armées africaines, 1960-1990, », CHEAM, Paris, 1992.
  • Bazenguira-Gonga, Makki S, (eds), Sociétés en guerre. Ethnographie des mobilisations violentes, Editions Maison des sciences de l’homme, Paris, 2013.
  • Belkaïd, A., Lehmici, H., Égypte, La toute-puissance de l’armée, …
  • Bourrat F (ed) La place et le rôle des armées dans le monde arabe contemporain, « Champ de Mars N°23, IRSEM, La documentation française, 2012.
  • Clapham, C., African Guerillas, Oxford: James Currey, 1998.
  • Courmont B, Ribrikar D, Les guerres asymétriques, IRIS, Paris, 2002.
  • Dawisha, A., Zartman, W., Beyond Coercicion: the Durability of the Arab State, Croom Helm, 1988 – 310 pages.
  • Daguzan, J.-F., Le dernier rempart ? Forces armées et politiques de défense au Maghreb, Publisud, Paris, 1998.
  • Daguzan J-F, « Armées et société dans le monde arabe :entre révoltes et conservatisme », Note N005/13 Fondation pour la recherche stratégique, pp1-14, Fev 2013.
  • Debos, M., Les armées au Tchad, Col (CERI) …
  • Decalo, S., Coups and Army Rune in Africa: Studies in Military Style, New Haven : Yale University Press, 1976.
  • Decalo, S., “The Morphology of Radical Military Rule in Africa”, Journal of Communist Studies, Volume 1, Issue 3-4, 1985.
  • Droz-Vincent, P., « Le militaire et le politique en Égypte », Maghreb-Machrek Monde Arabe, n°162, juillet-septembre 1999.
  • Dupont, H., « La nouvelle armée libanaise : instrument du pouvoir ou acteur politique », in Confluences Méditerranée, n° 29, printemps 1999 (sous le pseudonyme de Hubert Dupont).
  • Eboe Hutchful, Abdoulaye Bathily (dir.), The Military and Militarism in Africa, eds. Dakar : CODESRIA, 1998. – xiii-617 p. (CODESRIA Book Series).
  • Hamon, L. (ed), Le rôle extra militaire de l’armée dans le Tiers Monde, Entretiens de Dijon, PUF, 1966, in Vol 7 N°28 pp 795-798.
  • Hugon Ph, Géopolitique de l’Afrique et contributions dans Vettoglia J-P, Déterminants des conflits et nouvelles formes de prévention, Bruxelles, Bruylant, 2013.
  • Huntington S, The Soldier and the State, Cambridge Mass Press, 1957.
  • Janowitz, M., The Military in the Political Development of New Nations, University Chicago Press, 1964.
  • Marchal, R., « Les frontières de la guerre à la paix », Politix, N°58, 2002.
  • Messinga, E. C., Les forces armées camerounaises face aux enjeux militaires dans le golfe de Guinée: le cas du conflit de Bakassi, Master en science politique, Université de Yaoundé II-SOA, 2007.
  • Metogo, G., « Armées du Golfe de Guinée : Vers l’émergence de deux puissances sous-régionales », Revue africaine de défense, N°2, bureau d’étude et d’information, Yaoundé, 2000.
  • Moghira Mohammed Anouar, Les armées arabes et le pouvoir d’Etat. Militaires du peuple ou du régime? (XIXe-XXIe siècle), Karthala, 2015, 336 pages.
  • Mohamed Abde Elsalam, « The military and the developments in its role in the Arab World », in Carsten Jensen (ed.), Developments in Civil-Milatry Relations in the Middle East, Royal Danish Defence College, 2008.
  • Moncef, O., Militaires, élites et modernisation dans la Libye contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2009.
  • Oren, B., The Lebanese Army: A National Institution in a Divided Society, State University of New York Press, 2009, 272 p.
  • Perlmuter, A., The Military and Politics in Modern Times, Yale University Press, 1977.
  • Perlmuter, A., Military and Politics in Israel: Nation Building and Expansion, Yale University Press, 1969.
  • Perlmuter, A., Egypt and the Praetorian State, Yale University Press, 1974.
  • Perlmutter A., Political Roles and Military Rulers, Franck Cass London, 1981.
  • Perouse de Montclos, M.-A., Les humanitaires dans la guerre, La Documentation française, Paris 2012.
  • Picard, E., « Arab Military in Politics : From Revolutionary Plot to Authoritarian State », in Giacomo Luciani (ed), The Arab State, Routledge, London, 1990.
  • Pichon,F « Les armées privées en Afrique », Géopolitique africaine, N° 28 oct-déc 2007 pp 153-184.
  • Rouquié, R., « Le rôle des forces armées en Amérique latine. Etat des travaux », Revue française de sciences politiques, 1969.
  • Rubin, B., Kennedy, T., Armed Forces in the Middle East : Politics and Strategy, Londion Franck Cass, 2002.
  • Seznec, J.-F., « Les forces militaires saoudiennes sous le règne de Fahd Abdelaziz », Maghreb-Machrek, n° 174, octobre-novembre 2001, pp. 38-51.
  • Sarkesian, S., The professional Army in a Changing society, Nelson-Hall Co, 1975. Paul R (ed), No Peace, no war. An Anthropology of Compares Armed Conflicts, Ohio University press 2005.
  • Siddiqa, A., Military Inc.: Inside Pakistan’s Military Economy, Pluto Press, London, 2007, 304 pages.
  • Sorensen, D. S., Civil-military relations in North Africa, Middle east Policy, décembre 2007, http://www.thefreelibrary.com/Civil-military+relations+in+North+Africa, p. 12.
  • Zartmann, W., Elites on the Middle East, 1966.

Dossier de revues :

  • « L’Etat militaire à l’épreuve des transitions », Revue internationale de politique comparée, vol 15, pp. 151-162, 2008.
  • « Military Marxist Regimes in Africa », Journal of Communist Studies, Volume 1, Issue 3-4, 1985.
  • « Militaires et pouvoirs au Moyen-Orient », Vingtième Siècle, Presse de Sciences Po, n° 124, 2014/4, 256 pages.
  • « Amérique latine : l’état militaire à l’épreuve des transitions », Revue internationale de politique comparée, vol. 15, n° 1, 2008, p. 153.

mardi 14 avril 2015

Faut-il intervenir militairement en Afrique ?

A noter, la conférence annuelle PSIA/IRSEM se tiendra demain de 17h15 à 19h à Science Po.
Avec :
Sonia Le Gouriellec, Chargée d’études à l’IRSEM
Colonel Philippe Susnjara, Chef du bureau Afrique de l’Etat‐major des armées et enseignant à PSIA
Richard Banégas, Professeur à Sciences Po (sous réserve)
Introduction par :
Ghassan Salamé, Doyen de PSIA
Discussion par :
Frédéric Charillon, Directeur de l’IRSEM
Général Vincent Desportes, Enseignant à PSIA
Mercredi 15 Avril 2015 - 17h15 – 19h00
Amphithéâtre Leroy‐Beaulieu‐Sorel, 27 rue Saint Guillaume
Inscription:
- Pour les étudiants, merci de vous inscrire en ligne
- Pour les enseignants, merci vous inscrire par email à : psia.events@sciencespo.fr

Sonia Le Gouriellec est docteur en science politique, spécialisé sur les questions de régionalisation et de construction de l’Etat dans la Corne de l’Afrique et chargée d’étude à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM). 
Colonel Philippe Susnjara sert, depuis le 1er juillet 2014, à l’Etat‐major des armées comme Chef du bureau Afrique. Il enseigne à PSIA le cours « Gestion des crises sécuritaires en Afrique ». 
Richard Banégas est Professeur de science politique à Sciences Po et spécialiste de l’Afrique de l’Ouest et des Grands Lacs. Il enseigne à PSIA le cours « Citoyenneté, violence et changement politique en Afrique ». (sous réserve)
Depuis 2013, dans le cadre d’un partenariat spécial, l’IRSEM soutient les travaux de l’Ecole des Affaires internationales de Sciences Po dans les champs de la Défense et de la Sécurité. A l’occasion de cette conférence, le prix IRSEM‐PSIA du meilleur devoir sur le thème de la sécurité, sera remis aux deux lauréats pour l’édition 2014. 
Plus d'information sur le partenariat IRSEM-PSIA
Plus d'information sur l'IRSEM

lundi 28 juillet 2014

Enrichissements Hebdos africains

Le nouvel site "u235", auquel ce blog est associé, publie chaque semaine ses Enrichissements Hebdos. Nous reportons ici la partie "africaine" :



1) Dans Africa in Transition, John Campbell observe que, contrairement à d’autres groupes comme l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), Boko Haram n’est pas encore parvenu à se territorialiser mais cela pourrait changer depuis qu’ils ont pris la ville de Damboa. 

2/ Louisa Waugh s’est rendue à plusieurs mois d'intervalle dans le quartier de “cinq kilo” à Bangui. Elle rapporte l’apaisement de la situation centrafricaine notamment dans les quartiers musulmans. La présence permanente des troupes françaises, africaines et européennes, ainsi que les actions de cohésion menées par les ONG locales et internationales permettrait aux centrafricains de réapprendre à vivre ensemble : “These local initiatives are another reason Cinq Kilo is now opening for business, and why security has improved in many parts of Bangui. This small capital is still plagued by tensions and crime, especially at night outside the city centre; but dialogue between communities has started”. Et Louisa Waugh de conclure plus loin : “ "The appalling violence of these last twelve months has never been about Christians versus Muslims; it stemmed from fear between neighbours and communities familiar with living together, but easily manipulated by Seleka, anti-Balaka, and other armed rebels who appropriated their vicious brands of identity based politics for their own ends. The Central African civil society challenge is about communities holding the government to account. A local human rights advocate said these words to me just last week; ‘Some people here are not ready to give their pardon, because they still hear nothing about justice.’ » Dès lors la question au coeur de la reconstruction de l’Etat et du pacte social se pose,comment une société traumatisée par les violences exercées par des groupes quicohabitaient ensemble par le passé peut-elle leur réapprendre à vivre ensemble?

3/ The Duck of Minerva s’entretient avec Séverine Autesserre sur les échecs des interventions de consolidation de la paix à la suite de la publication de son dernier ouvrage Peaceland. Par une méthode ethnographique, sa thèse met en lumière le rôle quotidien des “peacebuilders” : “international interveners’ everyday practices, habits, and narratives undermine their own peacebuilding efforts. One of the many ways these everyday elements preclude successful peacebuilding is by separating expatriates from the populations they are trying to help (...) everyday practices create firm boundaries between international peacebuilders and the populations whose cooperation they need to implement their projects. Social habits – with whom you have after-work drinks, parties, and dinners – can either reinforce these boundaries or break them.”.

4/ Sur Al Jazeera America, Daniel Salomon analyse la vague d’attaques terroristes qui touchent actuellement le sud de la Corne de l’Afrique jusqu’en Tanzanie. Marque-t-elle la résurgence du groupe somalien Al Shabaab ou serait-elle liée à la corruption et à l’absence de réponse des Etats de la région aux difficultés sociaux-économiques locales ? : “It is difficult to untangle the chain of political discontent that precedes recent violence across the region. Local grievances, such as land tenure disputes, often accompany the decay of political and economic institutions. For example, Kenya’s Lamu County, one of the sites of recent attacks, has been the locus of large protests against alleged land grabbing by Kenyan port developers. These issues alone may not prompt new violence by local groups. But if mass abuses continue unmitigated, East African governments could soon find unexpected pockets of their society a fertile recruiting ground for Al-Shabab’s terror network. As violence spirals out of control across the region, governments will likely adopt an increasingly heavy-handed strategy against Al-Shabab and its alleged affiliates. However, selective targeting of minority civilians, as witnessed in Kenya, will not root out the threat. In fact, it will likely make matters worse. Regional leaders must acknowledge the role of local grievances in engendering violent response, and seek more robust opportunities for redress. Land ownership issues, in particular, have proved a powerful trigger for violence, particularly in Kenya and Ethiopia. As the multinational campaign against Al-Shabab falters, the resolution of these local grievances may prove to be a more fruitful path to peace”.

5/ Dans Reinventing Peace, Alex de Waal revient sur le travail du Carnegie Working Group on Corruption and Security publié le mois dernier Corruption: TheUnrecognized Threat to International Security. Ce document démontre que la corruption serait liée à la fragilité des Etats et que les contestations et les insurrections trouvent leurs origines dans l’opposition à la kleptomanie des régimes. Le groupe de Carnegie révèle aussi les différentes étapes de son projet :” an early stage of a project that is beginning to reveal just how deeply the problem of corruption is embedded within international insecurity—and in turn how the remedies must be sought in global systems, not just at the national level”. Pour Alex de Waal s’est un nouvel agenda de recherche qui doit s’ouvrir. Dans son billet il propose d’élargir les cas de conflits liées à la corruption déterminées par le groupe d’études de Carnegie à de nouvelles catégories et sous-catégories qu’il décrit.

6/ Dans son article East Africa rising, Robert D. Kaplan dresse un tableau très optimiste de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique et conclue : “One thing is clear: Economic change is so ever-present and vibrant throughout East Africa that the region's geographical orientation itself may be changing. Rather than be part of a once-lost and anarchic continent, the area from Mozambique north to Ethiopia may be in the process of becoming a critical nodal point of the dynamic Indian Ocean world”.

samedi 12 avril 2014

Les Tweets/actualité de la semaine par @MorningAfrika

Corne de l’Afrique :
1/ Le spécialiste de l’Erythrée Dan Connell revient sur l’ « hémorragie migratoire » érythréenne et la terrible trajectoire des migrants érythréens : « Eritrean Refugeesat Risk » 
2/ La semaine a également été marqué par l’assassinat de deux employés de l'ONU à l'aéroport de Galkayo, l'un était français. Ils travaillaient pour le bureau de l'ONU contre la drogue et le crime (UNODC). Les médias ont rarement précisé que la ville se situe entre deux régions autonomistes. Galkayo se divise en deux, une administration puntlandaise au nord et une administration du Galmudug au sud. 
3/ Toujours dans la Corne de l’Afrique, la 29ème Flotte iranienne a accosté dans le Port de Djibouti pendant trois jours ICI


Les commémorations du génocide rwandais ont généré de nombreux tweets :
1/ Dans The Telegraph : « After the Rwandan genocide 20 years ago, we said 'Never Again'. Did wemean it? » , Justin Forsyth, s’interroge sur les leçons tirées par la communauté internationale après le génocide et sa lenteur à intervenir en cas de massacres. 
2/ Dans « Mémoire d'un génocideet raison d'Etat » sur France Inter, Bernard Guetta aborde la polémique qu’a provoquée le président rwandais Paul Kagamé en accusant la France d’avoir joué un rôle direct dans le génocide. Il revient sur les relations entre la France, le pouvoir Hutu de l’époque et le FRP de Paul Kagamé.
3/ Dans le Foreign Policy, Seyward Darby rappelle qu’une autre ethnie a été massacré lors du génocide rwandais, les Twas, soupçonnés de soutenir les rebelles.
4/ Annier Thomas, de l’AFP, nous livre un témoignage poignant de sa couverture du génocide il y a vingt ans.
5/ Sur la politique de la France et l’aveuglement du pouvoir français, regardez les extraits de 7 jours à Kigali: avec Mehdi Ba, « Le complexe impérial français et ses conséquences », Hélène Dumas « l'abandon de la communauté internationale » et Patrick de Saint-Exupéry sur la colline de Bisesero et le rôle des militaires français, ainsi que de nombreux témoignages.
6/ Dans un « message aux armées », le ministre de la  Défense a répondu « aux accusations inacceptables [de complicité  dans le génocide rwandais] proférées à l’encontre de l’armée française ces  derniers jours » et défendre l’« honneur de la France et de ses armées ».  Selon J.-Y. Le Drian, c’est le « risque que l’Histoire se répète » qui a justifié  le « devoir » de la France d’intervenir en Centrafrique. L’intégralité du texte  est publiée sur Lignes de défense

RCA :
Dans Libération, F. Richard  se penche sur le sort des 14 000 musulmans « piégés au cœur de la  ville de Boda, assiégés par des miliciens anti-balaka résolus à les  anéantir », malgré la présence d’une centaine de soldats français.
Toujours selon Libération, au regard de la  situation actuelle, l’objectif de 2015 pour les élections présidentielles « paraît aujourd’hui relever du pur fantasme » 
Adoption de la résolution 2149 portant création de la MINUSCA et envoi de près de 12 000 Casques bleus en RCA qui devront  relever la Misca d’ici le 15 septembre. Mais critique également du délai de déploiement. La force onusienne ne sera pas opérationnelle avant septembre, Libération, affirme que « pour la France […], le passage de relais  n’est pas pour demain ».

Piraterie :
Le Marin signale l’adoption par la commission du Développement durable de  l’Assemblée nationale, le 08/04, du « projet de loi […] autorisant les gardes  armés à bord des navires battant pavillon français dans les zones de  piraterie ». Le vote du texte en séance publique à l’AN est prévu le 15 mai.